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| Je suis né à Bordeaux en &ç§ ». Enfant, je me découvre habile pour la sarbacane et me presse d’user ma belle boîte de feutres Caran-d’Ache, le tube idéal pour le papier mâché. Je peux passer aussi des heures à ranger mes couleurs comme bien tard à regarder des vinyles tourner sur une platine. J’apprends à lire. Je sais colorier. Je grandis en Dordogne, à Eymet. C’est la campagne et je peux jouer dehors, dans les arbres. J’apprends à faire du vélo. Je parle tout seul, la nature me va bien. Un peu de Paris pour le secondaire, j’aime cette grande ville pour toujours. Bordeaux, une belle époque, des nuits très rock et une poésie de jeunesse… Mallarmé s’égare en moi. Je m’offre un Durst et agrandis du noir et blanc à tour de bras. Je termine l’Irration, Poèmes, en 1986 et me découvre pour l’art plastique une attirance complémentaire à la littérature, certainement grâce à la grande qualité du CAPC , musée d’art contemporain. L’adhésif pour m’évader d’un laborieux travail en usine, une société de panneaux publicitaires. Coluche et ce putain de camion, Tchernobyl et ses mensonges.
1988 . Une première expo. dans un immeuble vide du centre ville. C’est la fête, c’est très excitant, j’ai du pain sur la planche pour mes beaux demains. On dit que ce sont les soixante premières années les plus difficiles.
1989 . PHYCHTRES, mon atelier sur les quais. Tout à fond, very groovy. Je m’éclate en adhésif. Je collabore aux premiers pas de V.L.A. (Vers le Livre d’Artiste), affiches à lire pour abribus. Je récupère de la brocante que je recouvre de scotch en couleur, puis tout ce qui me passe sous la main. Je me permets d’interpréter des tableaux célèbres, je fais face à l’apprentissage, l’autodidactisme. J’expose et collabore partout où c’est possible. Je finis par faire une TV pour fr3 dans le château de Monbazillac , un défilé de mode de vêtements recouverts d’adhésif sur le toit d’un hangar, et encore des tableaux. En novembre , le mur de Berlin tombe, c’est l’événement le plus important du monde.
Juin 1990. J’expose dans un grand magasin de meubles. Le décalage amuse, je plais.
1991 , c’est la guerre du Golfe , la disparition de Gainsbourg , mon retour à Paris, une expo-cata mais c’est la naissance de ma fille ; alors, c’est le plus beau jour du monde !
Ensuite , c’est un peu la galère, quelques décos dans les bars, des expos dans des restos, des halls d’hôtels, une fresque parce que machin connaît… Je recouvre des salles de bain du sol au plafond. Ca plait. Je rentre alors à la TV à la déco-accessoire. Mais je garde l’âme sous l’édredon de mon cœur, bien au chaud entre le poumon et le thorax ; je poursuis mes expériences plastiques. L’adhésif est mon bocal, je fais le poisson. Une série de tableaux d’hommes nus sort de mon petit atelier de la rue Lepic pour faire un tour dans le Marais. J’ai la chance d’avoir un lieu à l’Hôpital Ephémère pour la réalisation d’un mobile sur le système solaire, interprétation à partir de divers éléments thermo-rigides, ultras légers, de plastiques, de vinyles autocollants, de plexiglas, de fils nylon mixtes, de plombs et lests en tout genre, de gels sanitaires, de bombes de peintures, de bouts de verre et de miroir… de lumière fluorescente. Les volumes sont ambigus, l’espace labyrinthique et l’œil amusé, curieux. L’air y circule seul, promettant le mouvement. Je continue de mettre de l’adhésif un peu partout, briquets, portefeuilles, casques, vélos, frigos, étagères, murs, boîtes, partout. Il fallait que tout le monde ait quelque chose de moi à sa maison ! Je fais des lampes aussi, et des bijoux. Des horloges, pleins d’horloges. Je fabrique des magnets pour nos occasions festives, il y a de belles séries. Et puis aussi des coupes, tous les ans une coupe pour les Olympiades qu’organisent mon frère et ses potes, à Eymet. C’est une période. On me prend pour une bête curieuse avec mes adhésifs fluos et réflectos : je veux exposer avec juste des lumières noires comme éclairage et demande au public de se munir de lampes électriques. C’est pas gagné ! On me propose quelques illustrations de pub, j’apprends la gravure et peins un peu. Quelques expos collectives et mes tableaux partent pour Beyrouth… Je n’ai jamais eu aucune nouvelle de cette expédition ; tout perdu ! C’était en 1994. D’ailleurs, si quelqu’un sait quoique ce soit…. A partir de là, je me lance dans une nouvelle technique de découpe : la démultiplication par le socle, l’inverse de la pyramide… c’est visuel et trop abstrait ! Mon âme en prend un sacré coup. Je m’isole. C’est l’errance de partout avec mes rouleaux sous les bras. C’est Paris-la-galère. Bye ! Avant de partir, Beaubourg m’offre une rétrospective de Gérard Gasiorowski . Ces galeries et musées parisiens m’ont tant donné ! Je travaillerai sur la mythologie grecque. Un grand crochet par le Bassin d’Arcachon, Petit-Piquey m’accueille, l’huître et le vin blanc consolent. Une petite cabane en bois avec un jardin, une barque et mon vélo, le coin me va bien, j’y suis seul. À Bordeaux, dans l’ exposition sur la peinture italienne du XVIè siècle, il y a trois représentations de Marsyas . Le thème me choque. En hiver, la plage, c’est le Cosmos ; parfois, la vase a l’aspect du purgatoire. Les voisins deviennent mes voisins. J’adopte un hérisson. A côté, la plus belle terrasse du Bassin. Chez Auguste. En face, il y a l’Ile aux Oiseaux et ses maisons tchanquées qui me fascinent, m’inspirent. Je fais une cure d’océan, de sable et d’air salé. Je vis la nuit, dans le fluo et l’adhésif, il me faut 20 m² de matière pour mon prochain tableau… La matière est prête, les maquettes rangées, j’abandonne mon arbre à diamants. J’ai bonne mine. Deuxième étape : le tableau, la campagne, l’isolement sévère, l’autre sens de la rigueur, et la peur au ventre.
Lieu-dit Terrade, 1996. Une grange oubliée surplombant le lac, trois maisons, une ferme, une seule route, parfois un tracteur passe. De la paille au sol, une remorque, des gouttières, une lourde porte métallique. Autour, des ronces et des tas de pierres. Parfait. Un voisin me laisse ses moutons, c’est radical. Grand clean, un double échafaudage, des mètres carrés de bâche, une vingtaine de néons fluos, une immense table fabriquée avec les moyens du bord, mon bureau… Les granges des voisins regorgent de trucs en tout genre, je suis un extra-terrestre pacifique. Les tôles arrivent, le tableau fera 21 m², 7 m x 3 m. Cette aventure est un luxe, Athéna , Apollon , Marsyas, Midas , Tmolos sont de la partie, c’est du 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Tous les jours, les deux petits vieux d’à côté me rendent visite. Parfois, le dimanche, ils viennent en famille ou avec des amis. C’est récréatif et plein de bon sens. Je me transforme, m’écorche de travail et d’art, suis-je la buée sonore d’une flûte ou l’envouté de la lyre ? Je ne suis pas plus Dieu que Pan, mais roche ou pin, ciel ou terre. Dague ? L’énergie m’anime, me baigne d’éther, je respire dans la grande obscurité de la nuit, j’expire des souffles d’illusions, je me kaléidoscope chaque oeil, chaque vue, je m’ambidextre d’usage, je cherche en une chouette une déesse, un soutien. Je m’androgyne, il se peut que parfois, je vole. Le lac est source d’apaisement et m’accompagne de ses réflexions. Les Muses m’observent. Au printemps, les insectes butinent mes couleurs, en été, les oiseaux entrent, je partage l’endroit avec des hirondelles, la nuit avec une chouette et des ciels étoilés. De temps en temps un pêcheur ou un touriste se perd. Il y a des mûres sur les ronces, puis des noix et des noisettes et en hiver c’est grand froid. Les jours sont longs, je n’y viens plus que pour travailler, mes petits vieux se font plus rares. J’aurai un accident d’échafaudage et une poutre se décrochera sur ma tête, j’essuierai quelques tempêtes et leurs dégâts de pluie et de vent, pas mal de bleus et de coupures. N’est pas cabri ni Edward Scissorhands qui veut. Des crises de solitude et de doute, d’art et d’homme, de vie, de dieux, de mythe. Je regarde mes tripes, je suis l’écorché et l’écorcheur, l’âne et la montagne, Athéna me porte de sa perspicacité, il y a des intelligences qui nécessitent beaucoup d’habileté et de crainte. Il y a autour de moi les étendues de la terre, les humeurs du ciel, les miroirs de l’eau, les mesures de l’espace, la couleur du passé, les événements, ma vie… J’imprègne tout comme une éponge. Très loin de là, ma fille grandit.
Début 1997. Je vois mon âme en face. Marsyas est terminé. Au travers de l’air mes regards sont différents. Je suis heureux. J’ai tissé de mille couleurs un tapis volant. Une chouette est dans ma vie. Je peux quitter le Périgord. Le tableau s’installe à Courbevoie, dans le studio Côté Cour pour une séance photo et une première présentation publique. C’est la galerie Gastaud & Gaillard, rue Debelleyme à Paris qui nous offrira un frisson intimidant. Mon coeur bat très fort. C’est novembre et c’est l’été ! Beaucoup de monde pour ce soutien. J’ai changé. Ma fille est grande, elle est là, c’est le bonheur. Les petits boulots recommencent, déco par-ci, intermittence par là, la course aux heures. L’adhésif reste discret et léger, les mots viennent pour mieux m’évader, ma fille est belle, nous nous tenons par la main, c’est peut-être mercredi.
1998 . J’ai la chance de travailler au Zénith sur le spectacle des Enfoirés, j’en prends pour trois saisons. Les Restos existent toujours, y a de quoi râler. Au début du printemps , une nouvelle exposition chez Gastaud & Gaillard, Marsyas se promène ensuite à Lille, à l’Aéronef, repasse par Paris dans un lieu underground du 13ème… Je prépare une série de portraits à la peinture pour enfants et une nouvelle matière. Présentement, j’organise une exposition de la dite série chez moi, à Paris. J’apprends le 3-0 du foot. Marsyas sera rangé pour longtemps, pas simple à trimbaler le tapis.
Printemps 1999. L’appel du calme, les retrouvailles d’un bord de mer, un vélo, une barque… Petit-Piquey authentique, ma cabane m’attend. Des nouveaux tableaux en sortiront, les Rois, de format A4, aux couleurs simples et aux visages très humains. Bientôt la maison de bois sera démolie, elle a fait son temps. Novembre. En plus de l’ébauche de nouveaux poèmes, la série de portraits s’expose à Bordeaux. « Trente Rois - Gironde ». J’en ai fini avec cette technique. J’ai de nouveau bonne mine, je retourne à la capitale. Dehors, le vent va souffler trop fort, nous changeons de siècle en tempête.
2000 . Je veux donner corps à ma poésie et sentir mon âme me dire… Un grand chantier/déco pour une salle de bain à Toulouse. Je présente enfin mes nouveaux petits Rois dans un bar à Paris, autour de Djs. C’est un bon moment. En été , je termine Orgue, poèmes. Je passe de deux paquets à rien. J’arrête de fumer. Une belle expo à l’Opus café à l ’automne , les Rois s’affirment, circulent. Une autre dans un beau golf de la région parisienne. Une soirée Budapest à la base sous-marine de Bordeaux. Une planque sur le stand Créamania de la foire-expo de Bordeaux. À La Maroquinerie , à Paris, je lis quelques poèmes en public ! C’est catastrophique, ma fille rigole bien. Les Rois sont là pour rattraper le coup. Une nouvelle technique se cherche. La matière se sculpte. Les instruments à lame se bistourient. Le projet d’un grand tableau se devine. Orphée pointe le bout de son nez.
2001 . Mon nouveau travail ressemble à des maquettes de grandes villes, se transforme en végétal. Une autre histoire débute, le mythe s’apprend, trouve sa cachette. Les jeux de lumière trouvent un autre sens, la loupe s’inscrit comme alliée, les regards aiment se perdre parmi ces tranches de couleurs et des sourires les accompagnent. L’été , je gagne trois sous sur un tournage à Paris. Un petit tour sur la côte basque. A Guéthary , nous déjeunons au bord de l’océan, c’est le 11 septembre … Dans le train du retour, c’est la stupeur et l’abasourdissement général. Je m’installe en Dordogne et participe, en échange d’un grand atelier, à la remise en forme (à ma mesure) d’un château marqué par la tempête. J’ai tout à apprendre, je suis petit commis et palefrenier, mais au grand air de Puyferrat .
Mai-juin 2002 , Marsyas me rejoint pour ma rétrospective. J’investis tout le bas de la bâtisse. Je passe mon temps à sourire, c’est grandiose. Fr3 passe par là ! Trois images à la télé. Je n’avais pas voté, j’ai la colère d’un crétin (.) . J’apprends qu’au foot, c’est perdu ! Mes sculptures me prennent en main, explosent de joie et de fantaisie. En fin de nuit, le signal se lève : les oiseaux commencent à chanter ; mes bistouris se couchent, j’entends rarement le coq. Le jour, c’est sentiers et bûcheronnage, grands feux et nettoyage. On s’occupe des murs, à la chaux. Et parfois, on ne fait rien, un feu de cheminée, une bonne bouffe, du tir à l’arc ou du cheval, on joue, on vit, on rit, on respire : la vie de château ! Le singulier séduit. C’est très beau, là-bas.
Mars 2003. Un mois chez Krapo , épicerie-d’art, une fine référence bordelaise. C’est une installation de tout mon travail dans son lieu et la magie s’happening entre les fils fluos, les poésies aux murs, les villes suspendues, Marsyas domine et les Rois se balancent. Cette exposition surprend les organisateurs de Novart, (manifestation d’art plastique municipale), ils me donnent rendez-vous en novembre. Mes travaux intriguent des architectes, on me propose de réfléchir à l’habillage mural d’un immeuble à Lormont. Ce n’est pas notre projet qui sera retenu ! Plus loin, en Irak, c’est de nouveau la guerre. La troupe Générik Vapeur , du spectacle de rue, investit la petite ville de Saint- Astier , dans le Périgord, à l’occasion de la fête de La Vallée, je m’incruste en bénévole, nous passerons quinze jours fous. Je les retrouve début juillet à Libourne pour une performance nocturne, « Bivouac ». C’est la canicule, je gagne trois sous sur un tournage avenue Foch puis sur la côte basque, C’est Calder au Guggenheim de Bilbao , des larmes et des haines à Vilnius. À Bordeaux, j’avais rencontré Amon Tobin , DJ de musique électronique, et nous étions tombés d’accord pour que je lui fasse un petit truc avec mon travail… Sa venue à Paris en octobre me bouste un peu. Avec l’aide du réalisateur Pierre Bouchilloux, nous filmons, montons des images sur sa musique. Un clip naîtra. Amon nous reçoit après le concert, il est devenu célèbre et travaille sur d’autres projets. À suivre…
Novembre 2003. Novart : « Connivence avec le Souffle ». J’investis une partie du Garage Moderne. Marsyas semble bien proportionné, surplombant l’ensemble de son espace lénifiant. Je glisserai sous les 11 mètres de plafond presque 1 kilomètre de fil fluo, lignes filantes, fuyantes, brisées. Tout semble suspendu, l’immense est lumineux. Les yeux en l’air, le spectateur prend le temps de respirer une transparence ultra violette. Mes poèmes palissadent. Les Rois, éléments flottants, gouvernent, orientent, scrutent. Le silence est théâtral, baigné de verre et de miroirs, exigeant pour le sol d’exprimer une vitalité. Interviendra chaque soir un spectacle différent, une danse contemporaine, des élèves du conservatoire, des jongleurs performers, des musiciens. Le Garage Moderne est un lieu fantastique, vivant, humain, efficace, engagé et indépendant. Ouvert aux tous vents des idées. C’est un peu crade mais pour un endroit de mécanique, c’est parfait. On se chauffe aux braseros, on partage la bouffe et les humeurs, les coups de mains font partie de l’endroit. L’espace est vaste et les gens formidables. Ce fut une rencontre imaginaire et une performance hors pair, c’est une des plus belles expositions qu’il m’ait été permis de réaliser, j’en remercie toute l’équipe et recommande la visite de l’endroit. C’est un lieu magique et ouvert, expérimental et sensible.
Janvier 2004 . Je partage mon temps, toujours entre Paris et Puyferrat, de nouvelles sculptures dansent, closes. Ma fille est toute proche. Mars , Madrid souffre l’horreur des morts des bombes de fanatiques islamiques. Octobre , après une brève apparition sur le Salon de la Jeune Création à Paris, j’installe une lourde exposition pour les Portes Ouvertes de Montreuil, Marsyas inclus, en extérieur, pour un mois. En simultané, mes Rois sont accueillis dans un restaurant, La Grosse Mignonne , pour trois mois. Novembre , je prends en main la déco d’une résidence d’artistes de danse contemporaine, «Terra Incognita », sous la direction d’Isabelle Lasserre, dans le théâtre Molière à Bordeaux. C’est une belle rencontre de travail. Il y aura trois représentations publiques. C’est ma première scène, c’est très agréable d’être applaudi. Nous finirons l’année les yeux tournés vers l’horreur d’un tsunami. Je m’installe à Montreuil. Un nouveau vélo venu!
Juillet 2005. Londres est meurtrie par des bombes terroristes ben-ladistes. Je glisse de jolies couleurs dans une salle de bain parisienne. Octobre , de nouveau Les Portes Ouvertes, il fait beau, je réalise une installation précaire sur un parking. Novembre-décembre , je gagne trois sous sur un tournage dans le magnifique parc de Saint Cloud . La forêt me fait du bien. Je prépare mes dernières sculptures, j’entrevois une nouvelle technique et un retour aux tableaux. Je pense à Orphée. et mon cœur me dit…. Nous réalisons ce site, « christopheossard-art.com », je regarde ma vie en souriant, m.v.m.o (ma vie mon œuvre). Je vais devoir trouver beaucoup de sous pour Orphée. Ma fille est grande, c’est bien. Elle dessine des mangas !
Mars-avril 2006 , la salle de bain de l’été dernier ricoche sur une commande, l’alimentaire nécessaire ! Mai-juin . « Le sphinx et moi », exposition/installation aux Abbesses à Paris. L’exposition sera annulée au dernier moment, c’est un peu triste. Je garde ce titre pour une autre occasion. Le 9 juillet, nous sommes nombreux à partager la tristesse d'une défaite de finale de coupe du monde. C'était du foot, c'était le dernier match de Zinédine Zidane. Salut l'artiste ! C'est Bombay qui souffrira de l'horreur d'attentats meurtriers, c'est de nouveau la guerre au Liban, c'est toujours la guerre en Irak. Le 20, nous ouvrons ce site partiellement, j'ai le coeur tout chose. Je pars dans le Périgord retrouver mon atelier. L'abordage d'une nouvelle matière !
C’est un peu des vacances, l’atelier retrouve ses formes aimées et moi, de la campagne, ses joies. La nuit, les fluos bercent mes cutters, les couleurs gagnent sur le travail, c’est agréable. Et puis, par une soirée pluvieuse d’Août, patatra, je trébuche et passe par la fenêtre ouverte. Ça va trop vite, je n’en apprécie même pas le vol et m’écrase cinq mètres plus bas, sans téléphone ni carte vitale. Mes appels seront confondus avec les cris habituels des chèvres. Je vais devoir ramper vers la plus proche voiture et klaxonner. J’en ai pour la nuit, et putain, c’est long toute une nuit, le corps en vrac. À l’aube, les secours arrivent et m’expédient à l’hôpital de Périgueux, pour un mois d’immobilisation, de soins et de douleur. Un grand flash dans l’ordre des choses. Mes parents récupèrent le relais de la guérison, mon Mac, celui de mes mots, l’air doux de l’automne, celui de mes premiers pas. Ce sacré coup rebondit sur ma vie et, mi-novembre, je vais chercher mes clics et mes clacs à la capitale. C’est Yves Klein qui se remarque à Beaubourg… Pinochet meurt, no comment ! Et bientôt l’abbé Pierre, on a tout à dire… Me voici de nouveau face à la cadence du travail et le froid s’installe. La machine toute poussiéreuse doit démarrer, allons, au printemps, je partirai de là ! Je me lance dans la nouvelle matière, Orphée fera à peu près 70 m2, c’est beaucoup mais c’est déjà dans ma tête. Saddam Hussein est pendu, mais rien n’est réglé en Irak. L’atelier reprend du poil de la bête et l’humeur trouve son compte. Je regarde l’altitude de la joie, le climat accroché d’une grâce à subir le décolleté manqué du soleil, l’épaule de la difficulté de se tenir debout tandis d’un bras gauche joue à rompre l’équilibre de l’élan : mon corps n’est pas prêt. D’un côté, je fabrique de nouvelles plaques, de l’autre je m’amuse de luminaires. Au printemps électoral passionné, à Montreuil, les toilettes d’un restaurant ami se découvrent une tendance moderne et décorative. Un peu d’orgueil et de joie entre deux kiné !
Juin 2007. À mon retour, j’installe mon atelier à Bergerac, au cœur de la vielle ville… De nouvelles sculptures s’apprivoisent, j’y dépose une boule noire. L’envie d’imaginaire en adhésif m’oriente à travers le vitrail de salon, au recto verso fastueux. 2008 Tel un verger espéré, le bel atelier offre ses premiers fruits, d’un tout autre calibre… Voilà de nouvelles pièces épanouies, plus grandes, plus fortes, plus volantes. Il m’arrive de les entendre, la nuit, respirer ou est-ce seulement des appels émis pour y attirer les papillons. Mais non, suis-je bête, ce n’est pas la saison. Février-mars, un délicat voyage au cœur du cliché fluo-macro-silver ouvre d’abyssinaux horizons à l’apriorivison des images de mon travail. En trésor, un carnet rose incomplet… L’œil ravi, je m’ancre à la fabrication de nouvelles pièces, les ëfnis. Des petites sculptures en pelures d’adhésifs destinées à être posées délicatement dans le creux de la main et puis, sourire. Avril, nous décollons à deux breaks pour la cité phocéenne, les villes, les rois, les tableaux, les images, les ëfnis, les néons et tutti quanti. Un nouveau lieu, Por Aya, se lance dans l’expression culturel et m’invite à partager l’inauguration en présentant mes œuvres. J’en décore l’espace bureau et la façade en l’ornant de vitraux.
Mai, bref passage à Paris pour organiser l’accrochage d’une amie peintre, VH, et me laver les yeux entre les enceintes des musées et autres galeries. Début Juillet, c’est au petit village d’Eymet -24/Périgord-, celui de mon enfance, d’accueillir mes pièces. |