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   Poésies

 

 

IRRATION 1984-1986 (Extraits)
                                                 Les poèmes avec une * sont proposés dans leur intégralité

 

1
Ô… Malgré l’obscur d’un feu éteint / Qu’il est doux cet abîme adoré /
Tandis qu’innocent son amour craint / Le labeur de la beauté quittée.

5
Comme un cri / jetait pour fermer du silence, / Les mains molles et / Le pas / Fiévreux / Un corps de miroir et des yeux de trottoir, / Un visage à coups de temps… / … Une femme écrase, là, devant Moi, / Deux cubes d’ombres.

9
Je tiens un bouquet pour ta main / Fleurs triées des épines et du temps
Depuis le soleil est tombé en vain / Pourquoi est-ce que je t’aime tant ?

« Je ne suis pas un criminel, j’injurie les injures avec la foudre du rire : la pierre des peines trône sous nos pas tendus. »

10
Pardonne le bruit de ces vers jetés qui se font juges des mimes d’humains qu’en seul mensonge, j’ignore quel purgatoire plus rude qu’enfer flasque.

11
Un tentant temps tel gommé crue ta peau ouverte - Où mure et sûre et partout les ployantes peines /
Des quêtes accordées lorsqu’aux murmures inertes / S’épatent en ce sang d’inextrémistes veines.

14
-Si émoussant au (du) hasard je, Vierge, rencontre ta nudité et que ma pensée terrifiée griffe ta face. Alors sans haine colore, je te prendrais pardon.

-Cruelle créature sort tes jeux si respectés, fauche de ton œil complice nos démons du foyer et doucement ne dévore qu’un remord nous ronge par une atroce grimace qui meurt et moque.

-Contre qui encore mon âme emprisonne-t-elle de sa tête couverte le vent s’entre-heurtant ?

-Le mystère des ruelles incertaine mon humble !

15*
GRANDE TRAVE

Grave eau qui coule en autre s’en va, désirée.
Je te salue, amont des ruisseaux et sous le ciel court profitable.
Je te bénis, aval des torrents ; dernier présent et confort confondu de douceur.
Tourmentée, heureuse rivière longtemps languie ; dresse-toi puisqu’il faut mourir en plaine.

16
-Là bas avance le calendrier……………………………...………………...…………………………………universel sens.
-Les racines de la mer pleurent toutes proches du sol
-La rumeur règne sur le murmure.
-L’ombrage des clochers floue les rues.
-La pluie guérit des choses retenues.
-Nul se referme sur moi…………………………………………………………………………………………....les anges.

25
Ma vie est morte, je suis libre de déchirer l’air et le temps.
Comme elle est jolie, froide, fatiguée et solitaire, ivre de pierres, de peurs et de remords.

28*
L’Y

Selon l’élu, doit se mirer l’Y sourd ;
Celui pur que ma halte dévoile, tel
Le soupir pâle d’un cygne errant sur l’eau morte.

Depuis longtemps l’exil du lys
Ignore, las, l’affre de la mort,
L’incarnat de Narcisse : le mal de l’hydre lettre : l’Y.

Vagabonde baie au seul soucie d’épier,
J’ai bu, et bavé de ton onde trouble
Où grelottent tes nymphéas
Ornées d’orties lagans.

Alors de sa lyre s’encombre une Grâce
À n’honnir qu’un calice
Jadis mère du Nectar ;
De l’élu, soit s’entendre l’Y myope.

29
D’houleux songes vaguent et s’ornent
D’où les cloches d airain tonnent
Ainsi nue l’onde en ton sein
Sacre l’antre des marins.

30*
YEUX

Ivres ils vivent infligés de toux
Mes sanglots glissants laissent
De me martyriser sourd
En mes yeux que l’amour ailé blesse.

Et n’ai-je rang plus beau
Trouble le lait de ce sein bu
Je salue linceul de tes létaux
En d’inutile literie es-tu ?

Fécondant le temps boit
Et râle enivré de l’inonde
Mon regard en pleur croit
Qui tombe innovant vide l’onde.

Triste mon âme lente me brûle
Et abolit l’ébat d’idéal
Car trop puissant pourpre j’hurle
Et cueille en larmes de mon mal.

31
ET LE PAS.

(Et je pars en ailleurs vers ; dont se semble plus aigrie l’escalade de mes pas.)

32
Ô bourreau juge ouragante par l’agonie / Ces démons qui m’insultent, et sois sans pitié /
Semblable à ta Nausée puissante que je ris / De leur enfer injuste tant qu’indésiré.

36
L’ORAGE DES ESPOIRS VACARME LIMPIDE L’ÉCLOT DE LA VAGUE

Marées puis écumes te tordent
Et tu, sur le sable, étales
D’houleuses algues sombres

38
Ode couvre nos pieds / En sang qui crissent / Prisonniers d’un sol / Sacré et sobre

40
À ce compte en moi s’affrontent / Plus de Dieux opposés / Qu’enfant d’ogres / Dans les comptes me touchaient.

41
Plus mage qui s’adore / Cette volute ombre s’endort. / Couché nu contre elle, pâle / Telles deux fleurs au vent des pétales.

42
Quel souffle étale s’érige plus prompt / Depuis qu’au soupir est épris le frisson.

Les mets de ma mémoire rendent en de plis perclus, / Ô mes séniles pensées, l’éventail opulent.

43
Vaine lune inapte en ce soir sauf / Des brumes vespérales gisantes /
Sur le lagon telle la foule / De cols blancs de ces si mages cygnes.

44
Plat plus calme telle la ruine / Nantie de ce parquet ridé / Où mes pas jadis écrasaient / deux patins fous.

46
Que le Verbe preneur en l’éther meure, salut !

47*
LA MÈRE, LE HAMAC ET MOI

Un silence sage m’hante de caresses à toute heure ;
Étendu dans l’ombre d’un hêtre où naquit mon repos
Et le perfide fard de l’herbe
Teinte sur mon dos renversé la toile irritée.

Plus chaste dégoût vomissant de l’écoeure
Ce las vent inflige à ma couche
L’équilibre des soupirs balancés.

L’adorable fleur farouche son bleu mobilier
De ma prude distance
Que cet avare pieu maintient.

C’est la mère en grossesse (d’un prodige fantôme)
Qui, ralliée de suprêmes malices,
Provoqua l’onde extrême puis ma chute
Son rire suspendu que hâta cet acte rompit mon éveil.

53
La buse plane loin du pont / Loin de moi, trop vaniteux / Qui rame impertinent.

57
La recluse sirène est lasse en solitude / Sans campagne au-delà des fureurs / Le cygne l’aime et l’escamote en douce

73*
Austère / La porte de ton sein / m’assène / D’un air bonasse
Faut-il / que je te dépiaute / Nymphe de parodie
Je parle, je parle / Et tu es déjà partie

91*
Sous ; qu’un mouvement / Dont le soupçon échoue ; / Chaque peur dévastant d’appels… / (Je respecte l’agonie improbable.)

Brèche éronnée, reste encore / Qu’un refus me bafoue, écorchant / Ca et là la rage de l’oubli / Je prolonge ainsi l’envolèe des cendres,

Sans ébriété. Le temps alors / Eparpille maintes approches dérobées. / Silences accablés de précautions hésitantes.

Perdant, emparé de brefs détournements, / Je manque, furieux de……………….……../ Par calme peut-être.

93
Les âmes ivres s’y mirent, / Condamnées, alors que leurs rires / S’emplissent de mensonges.

97
Tout bas vers l’abîme tenace / Loin de doux airs déverseront / La plaine fantastique qu’aucun jour ne torture.

Hélas dès lors se prolonge en ma course l’avide rivière / Comme l’indolent qui s’élance au néant soulagé. /
Apaisés, les remous rendent l’âme, empruntant aux tombeaux / Les filets d’où errent la ballade d’autres animaux.

110*
Je vous en veux, aubes, / Aurores et autres moments / Matinaux de ne vous / Montrer que lorsque je dors.
Je vous en veux mais / Mon choix se tourne vers / Celle qui même assoupie / Me serre dans ses bras.

111*
SURSAU(T) D’AUTO(M)NE

Mais bientôt / Avec l’audace / D’un verger
L’herbe discrète / Je regarderai un / Tronc se déshabiller

112*
Baignés de rosée intime / Vos doux yeux n’ont qu’un crime / Celui d’être silence / Qui me dévaste et me relance

113*
VERS, ENCHANTE

Vers où s’enchantent vos sentiers / qui pour moi depuis ne mènent / Nulle part.
Dans une autre mesure / Les tombes désignent à mes routes le lieu / Le doute d’être heureux.
Doucement, je les froisse.

133
Depuis un soliloque inopiné, / N’a de modifications qu’une tendance, /
Une faveur ingrate et félicitée, / Intermédiaire et sans décence.

148*
UN TEMPS DE PURIN, UN JOUR DE DIÈTE.

« Ce choix nécessite de la confiance, car il dépend d’un caprice, un seul, une contrainte de la nuit. C’est à contrecœur tout aussi que ce départ dénonce des idées suffisantes. »
La douleur est bien lâche, libre ; les nuits blanches guideront ma fatigue sans souffrance. Cette patience n’a le temps que de m’exploiter car l’imagination finira par s’ennuyer… Certains désirs cèdent à l’audace ; Certains mépris gardent l’espoir, seule l’immense douleur n’irrite pas mon rire négligeant.

LUI- J’envie parfois les chinois, j’en réchappe aussi.

Dans les bruits de la nuit, le souvenir prend parfois la forme d’un écho, jamais nul ne le néglige, chacun y trouve son abri.

LUI- Il n’y a plus de cloches dignes de guider mais elles gardent toutefois l’humour de sonner.

Sous l’influence, il y a toujours quelqu’un qui s’en souvient, même si c’est vous et l’engagement n’égare que celui qui s’y tient à l’écart. Cette action n’a de sens signifié, s’incliner devant l’attente.

LUI- Ce n’est pas le dimanche qui est inutile.

C’est à chaque matin un nouveau jour, c’est à chaque soir une nouvelle nuit, puisqu’il faudra retourner en terre. L’homme n’est qu’un fruit et l’arbre, comme l’homme, le jour, engage ce que la nuit lui offre de gages.

LUI- La couleur de vos yeux n’a de mérite que le jour, c’est-à-dire la moitié du temps.

L’être étrange évite que cela se sache, pourtant, l’étranger répugne ce que l’inconnu accumule. Toujours dans un autre pays, d’être une présence évanouie.

LUI- L’ortie est aussi une soupe.

Ô sommes exaltées, ô encoche de liberté.
Ô rivière épousée de mes yeux,
Ô larmes troquées, ô rares orages, ô chaleur,
Je ne parlerai pas de poèmes comme une escorte.

LUI- L’estime du lieu obtient le mystère jusqu’au Nectar.

La lumière dans le noir, comme l’écriture, ne simplifie pas tout.

LUI- Le supplice s’accompagne en éployant ses égards, même lorsque l’absurde suscite une rencontre avec la vie.

Un temps de diète, une nuit de purin, Bordeaux baignant entre la cire et le jour.

 

« Irration » 1984-1986
(Extraits)

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