Un regard

 

 

Christophe Ossard ou l’explorateur de l’adhésif comme matériau de création artistique.

Sa technique est simple mais obstinée. Il superpose des couches de ruban adhésif de couleurs aux propriétés variées – naturelles, fluorescentes, réfléchissantes, irisantes, phosphorescentes, brillantes …etc. jusqu’à obtenir une plaque qu’ensuite il sculpte, évide, pèle, creuse à l’aide de lames.

Ces lames de cutters ou de bistouris sont tels des pinceaux, variées de tailles, de grosseurs, de forces et formes.
Puis l’artiste assemble, empile, amoncelle, recoupe, colle et dirige ces petites pièces extraites.
Cela nous offre de magnifiques constructions en 3D aux allures de fonds marins ou de paysages hybrides, à l’échelle du minuscule, d’illustrations aux perspectives de science-fiction.

Cet art expérimental nous bascule dans une harmonie magique, l’illusion fantasmagorique où s’accordent fond, forme, ligne, couleur, lumière et matière. Un propos de réflexion, de calme, de temps.

Dans ses expositions, la lumière, justement, peut être simplement naturelle, comme le jour, laissant libres les brillants, les couleurs, les transparents colorés, mais aussi nous offre, par les propriétés multiples de l’adhésif, une gamme surprenante de jeux intéressants dans la nuit -ou le noir-, déclinant des combinaisons d’ultra violet, de phosphorescent, de « réflectorisant ».

A l’aide d’une loupe, la complexité macro et micro de cet univers nouveau nous invite à flotter dans l’organisme ludique du jeu de la vue aérienne. Le visiteur regarde, libre de s’inventer voyageur, s’insérant hasardeusement dans ces élaborations colorées à la dimension d’un changement renversant. Une joie promenée.

Jane Lou

Christophe Ossard, né en 1963, est originaire de Bordeaux – France. Il est autodidacte depuis 1986 et ne cesse d’inventer les techniques adaptées aux pratiques de sa création.
De nombreuses expositions, officielles ou alternatives, à Bordeaux, en Aquitaine, à Paris (galerie Gastaud & Caillard), en région parisienne et à Marseille (galerie Por-aya) lui concède une réelle expérience de mise en scène de son « monde » illuminé (cf. sa récente prestation au Rocher de Palmer à Bordeaux).
Ce travail acharné a le mérite de nous charmer avec ce que nous n’avons jamais vu auparavant, une découverte riche d’avenir.