Poésies

ORGUE 1999-2000 recueil

 

Chapitre

 

1

Je manie des extraits d’immobilisme pénible ;
C’est un peu le désert…
…Parfois
J’y trébuche.

2

L’agrippe du gué d’évidences gagées
:
Maints soupçons
Tissent
Sa berge d’air.

3

NUAGES
FORET
BERGE
FORET
CIEL
BERGE
MOI
:
Du lac habité de ses propres distances.

4

FANTÔME

À nos cohues d’entre vacarmes
M’y, bosquet de toute humiliation
D’y guetter de quel alibi fus-je,
Le tranchant de l’épée.

Heurt d’acte ou reflets de trace ?

5

Ajouter du temps
Au sens d’un
Goutte-à-goutte
Sans se contredire
De pire en pire.

6

Mon âme imite
Le cri
D’une foire furieuse que l’on démontera
Demain,
Au jour fixé.

7

Propice aux tords creux
Cette vase
Hameçon de ma chair
Qu’où flûtes ou vents ouverts
L’agonie angélique.

8

Sans allées où quelques
Y
Porchent
Broussailles et silences.

9

La ruine tisse son portique
Que ma solitude
Signalera
D’une potence.

10

SIESTE

Quel alibi pour m’exclure de tout chahut,
Sinon les yeux clos,
Ne participant qu’à l’intérieur d’une mauvaise divagation.

11

Le guet-apens
Où je camoufle mon cafard
Bascule cahin-caha
Entre les nénuphars.

Mon corps crache
La chevrotine en quantité
Aux calembours de l’étang et les carpes rient.

12

LE LAMPION

Joyau à n’en rompre la cime
D’idéal perlé où
De précaires cas nus m’hantent.

13

ÉVASION

Mon cœur m’extrade d’appels
Tel
Un borgne désespéré du goût de bagne.

14

L’esprit galant de ronces
À n’en comprendre
Qu’ici tourne seule
Une lueur sans envers.

15

Aux croisillons
Qu’une fleur
M’épanouisse de lune
À l’ivoire de l’âme.

16

Ô mes impermanences
D’une rumeur
Sincère :
L’apparence de vos beaux doutes.

17

Les outres bernes l’emporte d’allure,
L’une, eau,
L’autre, digue.

18

Dégagé de tout portique
Où la fine plume d’ombre
Calque
Du déposé
La trace servie de toute soute.

19

Vacarmes cendres et carnages cendres
Marionnettent
Les jours sauvés.

20

D’inverse par tort
À l’idée
D’un temps lent allant
D’hors norme en part puisée d’atout.

21

Prendre son envol
Ou
Prendre feu
Ou ne rien prendre
Sinon son deuil en patience.

22

FEUILLAGE

Amassé d’outre close-plainte du
Résolu raffiné de néant
;
L’ultime abrite joliment le Précieux d’éparses étoffes.

23

Manquer d’un contenu
Par politesse
Face aux éclats de mes malaises.

 

Chapitre

 

24

Notre bonheur

Et de nous prolonger
Qu’au santal
Une rose s’honore
:
Maintes enseignes employées
Des libellules égarées de nos rêves.

25

EN RUINE

Aux confins tissent là
Cette potence
Que moult signaux
Seuls
Portiquent.

26

…Si tout cygne s’handicape d’y
Cacher sous ses pas le sol de l’hiver
Tout au couvert du verglas bien tenace
Et ce blanc gentiment pur de
S’armer de mélancolie.

27

L’enfoui magistral
Dans les parages d’un bouquet de roses…
Nurses rouges de nos matins d’une intense odeur,
Forcément !

28

Les fruits,
Le manége des bras blottis,
Les pépins d’une danse du bout
Des pieds.

29

Un amour y éclot longuement
De tige d’y naître
Notre bouton,
D’en découvrir l’arôme
Déjà
Au-devant de quelques murs aimés.

30

Moins le grabuge s’élite,
Plus l’insomnie m’imbécile,
Ô nuit d’injure oiseuse.

31

Être
Sûr
.
La réserve
Due,
Au
Péril
D’échanges aveugles
D’un lieu
Par
Le
Risque.

32

À perte de propos
Et d’algues
Conventionnelles,
Mes loisirs
De corps gisent d’un tout autre esprit.

33

Les bas-suivres sont les mouvements
De l’ombre
Sous le personnage avant l’exactitude de l’exécution.

34

Aucun de ce lourd désespoir,
Boulet,
Ô mes yeux frissonnants de tout doute.

35

OFFRANDE

Installant la bourrasque
Dans le catalogue du néant,
Debout, tenace tant qu’hébété :
La source fête le jeu des joies

 

Chapitre

 

36

L’air de rien, déroutée d’heureux repos,
La vase décamouflée enfle sa flore,
Celle ; d’oral capable là, croupir
D’extraordinaire ricané.

37

Les jours passent
(De battements courts)
Et se
Dévalisent d’une tendresse…
Mon sentiment
D’aimer
De long en large.

38

L’entrevue
De la mort et son jour souffert,
Blotti du confus.
L’amère
Guérison admise au secret du coffre,
La perte
Et
Les pieds joints.

39

L’ambigu du dévoilement
Renseigne
La connaissance du masque :
La transcendance,
Le conflit,
L’idéal,
La manière majeure d’acte.

40

L’ailleurs félicité des détails
En espoir attendu ;
Puis,
Malgré le tort renoncé,
L’allure
Rouge, vague,
Je vertige.

41

L’entre mesure
D’être.
Au sol le songe métré :
La douleur du vent, le caillou désolé, l’ortie perdue,
La brune souffrance erronée par l’admirable vue,
Vaste.

42

Je me calcine du coup de foudre : belle époque que voici
À
Rendre d’amour
Plus
Que de tout va.

43

Hors désastre de toutes mises sûres,
Une nature d’aile palpite
Mes mains remuées ;
Au fond,
Sous la ligne,
Les mystères ont l’air tristes.

44

L’en-forme
D’un mi-parcourt,
Et de nouveau le détour sous le pressoir :
Point de troncs
Et la civière à l’épreuve de tes faux-pas,
Chargés de vents hantés.

45

J’épave au naufrage mon néant étendu,
Moisi,
Pourri,
Et encore trop léger d’y rater aussi sa tombe.

46

Muni du suspend,
J’étire le bien au ralenti des oublis,
Guidant l’arrêt,
Guidant la peine
Et moi de contempler le ciel…
Ici l’acte de vie et ici l’usage d’amour,
Là l’ordre saisissant du doute.

47

Digne
D’intérêt,
Un aquarium de perles
Danse
Au
Salon de mes nerfs servis.

48

Brèches,
Failles,
Ornières,
Que fîtes-vous de moi ?…
Le clos me suspecte,
La chaise,
La table,
La vitre,
La lampe, …
…Un escalier,
Un ouvre boite,
Il pleut.

 

Chapitre

 

49

MOTS DOUX

Le billet, / Apporté poliment / D’une honte curieuse, / D’un bout de voilà, / D’un
morceau de beaucoup, /
Regardait le Bien. /
(De loin et d’un geste rapide !)

50

J’étouffe et vogue très fragile,
Reine
En ce foyer de poussière,
Poussière de baisers,
Sans bruit,
Juste un fait sensationnel déposé
Aux pieds
Des cendres,
D’une raison plus forte que moi.

51

Depuis ce point
Aveugle
N’en suis-je
À l’influence ou
N’eus-je juste
À regarder
Passer
La loquace alliance
Mêlant
Sous mon nez
La beauté
Des artifices et de l’esprit ?

52

À nos vœux,
Nus,
(Soit par soins, soit par saisie)
D’oublier
Par instants l’enclos
(De desseins)
Sur le pacte noir
De la vie.

53

Sot-je
Cessant sur moi
Solitaire
Azur
Couchant au plus double
Du comble refermé
Les restes
D’une ironie soutenue
?

54

De ce repas nocturne
Sous la robe
D’un gravier
(Rivière en miette consolant l’agonie)
Bourreau
De nombreux éclats
De mon complexe combat
:
L’ombre d’un temps
Gâché
D’étincelles,
Dans le fond, fade.

55

Une dune
Étincelle où d’élégants songes
Me pharent
Un tendu délicat et paisible : la beauté d’y poser sa bouche,
Fasciné
Du chant léger.
Élan
De la sorte d’un exil mis en place,
Ce trouble attendu,
Tout cependant craint d’y placer le gîte maintenant
Sous forme de non-obstacle.

56

Journée de justesse
Mise aux dépens
D’hasardeuses allées.

Calmement en marche,
Gouttes à gouttes
Entrechoquées.

Cependant l’harmonie,
La tête haute
Sous
La trotteuse
M’expédie d’horizons
Élus…

Les autres coupes
Gisent
Et
M’écrasent.

Hélas !

57

À ce son qu’y m’écorche
Que tu saches par ce cri mon captif
D’un faune cruel, l’œil échappe
Cette larme lourde.

Me résigne.

Plus je cessais de ton charme
L’émeri
Plus ce clair sur mon ventre
S’assurait d’agonie.

Et me voilà l’amant
Que le diamant étouffe
Aux amitiés du marécage,

À tes yeux je m’antique
D’étincelles et d’écumes,
L’émoi ivre tant l’étoile me glace

De se constater en trajectoire de crabe.

58

Qu’aller caler
Aux allées
De cales,
Au moment de tout…
Marseille.
N’est-ce à l’éphème
D’un cyclone du présent ?
Le dire à plus tard vacant
De soute ni bagages
Qu’houlent la franchise.

59

Les dés voilent et si saouls
Des dédains du vent
M’y
Agacent et berlinent…
D’avaler l’harmonie en marche
Et l’air,
Et l’espérance
Des murailles d’éclairs : ô masques et merveilles.

60

Aux peines
Des lueurs
Qu’égard et moindre gré
M’enseignent
L’égarant procédé du refus, l’or nul et le là-bas chimère.
La perte
Plus instruite
(Mon hôte énigmatique)
…Égard du luxe d’y rêver son fait fier.

61

Points d’orgues lointaines illuminantes à deux pas un couvent inviolable.
Je me console d’oublier
L’étoffe,
Le tablier
Et
Les bottines,
Le cachemire du tapis,
Le petit garçon
Qui
S’y couche, s’y pique, s’y attache
Étroitement
D’une lutte à l’emploi
Au
Secours éruptif.

 

Chapitre

 

QUATRE STROPHES D’AS

CŒUR
L’accepte clair de mon cœur l’air entendu d’un vaste soupir
L’invitant au chant d’une prose une étoile est ma vie, au vase
Le trône tournesol qu’au rose son coquelicot occupe secret
De trajet mes gouvernes lumineuses naguère de balivernes courtisanes

CARREAU
L’atteinte ôtée de nos causes d’ailleurs
Dont toutes ouvertures coursent en clos de norme
L’absence qu’y marge de las souvenirs logés
À tout corsage de jour docile

TRÉFLE
Au ciel noir l’alentour d’un arbre lourd ôté de vent
Gamme d’averse à la nuit son chant maintenu de malice
Insectes en retard, en repos ou perdu
L’humeur s’aile d’un silence de taupe

PIQUE
En boucle le repos, nous ; deux amants…
Cette pierre lit dans les nuages ma plainte beuglée dans le ravin
Petite nacre secrète, son fil tendu et sa respiration
L’absence d’une paresse

62

LEXIQUE ANNEXE

Air
Ciel
Sel
Confondu
:
Sauf-conduit
De vent
Pour
Doucement
Distraire
La
Dune
.

VENUS

Lotion présentée par usure
Et
Victoire
Sans cesse neuve nourrice d’aube
Son pas en fond de mer
Écart au poindre jour
:
Vénus
.
Amour où son site riposte aux flatteuses
Lueurs du silence
La vague sans
Arrêt
Encombrant le fracas clair
;
Écume
.

63

COLOMBE

N’ai-je échappant la colombe
Éclos du donjon, en rêve, cette rose ?

L’acier saigne

Ici
Icare de grenouille

Narcisse de Méduse
Ô
Moque de pan

L’air virevolte face aux dunes
Folle flaque, lune
Lieu sûr d’isole, diamant confus :
Y
Ciel-je
À la ronde d’une

?

64

HORS
TOI
EN
COQUELICOT
SI…

      …EN
BAS
MOI
D’UN
ÉCHAFAUD

65

ESTOCADE DE CIRCONSTANCE

PLUS RIEN NE
M’AMUSE ET
JE SUIS
L’ANNULÉ
UN BOUTON
LUI-MÊME
DE ROSE
S’EFFACE
MINUTIEUX
DÉJÀ.

66

L’ACCABLE

Si peu le sens à cours
Chasse ma vie grise
Que ne s’y motive
D’élan qu’il nœud.

N’être rien
D’où d’aucun voilà ne secoue.

Le bond tari ni ne pli,
Passe encore, mais les silences
Même s’oublient.

Pot de sourdine par ramasse
Inutile
Ô cœur           rance ôté d’agonie :

Et          légère                 mon âme erre
Et s’éteindre au Néant sera
Ce sauf malentendu, d’allées
Où le Vide expirait.

67

M

Y
-
J
E

C
U
L

D
E
S

L
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S
T
R
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A
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L

A
I
S
S
E
L
L
E

A
L
B
Â
T
R
E

?

68

LIBERTÉ

Pour cette fois

À l’écume
Posée

Un air de rien sans rien
L’âme et la vague
Et mon vague à l’âme d’azur
Brise sur l’aile des moulins et mon cœur
À son vent se trancher

COULEUR

Pourpre qu’y adore
Mon verre levé,
Santé de rouille, hue !
Cinq moins les violons, outrage.

PILOTI MORAL

                                Fameuse fleur aux heures passées
(Ne te mens pas de m’aimer)
Raconter le sein que je prends
Dès lors dans mes rêves
Mes mains.

                          Verger d’amour
En vain ancien : cris passagers
Et de fous tapis écartés
(Hystérie de foraine)
Mon trésor pour de la fumée
Qu’y mènes-tu Poésie ?

69

HORS FÉES

« Comme un rat »
Fracas et monstres s’abattent,
Mal assurés.

À
Empresser
L’obstacle sensible et ouvert,
(Marge aiguisée de tout éloge)
Hommage
Même secret
(D’un mutuel avantage)
Qu’aucune
Reine
N’emporte le masque.

 

Chapitre

 

70

DUNES

  D’une
Lune partagée le hurlement de nos mains
Quelques pas sur des lames ensanglantent ton drap
…Émois mal convaincus
De ton regard soudain,
De rendre hélas la grâce d’un transport
Qu’effacent nos flâneries fanées.
Dunes,
Orfèvre de haute consolation,
Confidente des destins
…Et tu agis seule à l’écart de mes mérites.

71

USAGE

  C’est bien peu ce qu’il reste de solide
Face à l’immensité du temps.
Temps perdu d’y avoir fait le tour,
Souvent à l’inverse… Mais qu’importe !
Le beau centre est bien là, m’enlisant
Si doucement que l’on songe au
Sommeil, au souffle d’un ange.
C’est par sursit donc qu’un effort
Va permettre d’en laisser bien plus,
D’y voir plus clair, enfin, de ce tourbillon de ce tourbillon
Installé qu’y m’isole.
Mais dois-je trouver pour moi ce que
Je ne peux plus chercher pour vous ?

72

L’IMMOBILITÉ DE L’HORIZON

Les noires et les grises étendues tissent sans bruit des dentelles,
Froissent mes pensées et c’est bien seul, sans air, sans balcon
Ni plumage que ma blessure se retourne sous ma peau blanche et tarie.
Je connais la boue, les ravins et les fosses, les précipices et les oubliettes,
Les interrogations du noyé, les déserts de l’aveugle, les fracas du muet,
Les flocons des roches en feu, de celles que les ténèbres colorent,
L’amer silence du pendu, les ongles du néant et les cicatrices du sabre,
Les gouffres où cessent l’espérance…
Je connais, je connais, je connais, je connais…
N’y a-t-il pas une autre marée ?

73

PASSAGE AU PORT

Qu’offrent ces pierres à la courbe de la berge ?
Et à moi sinon la lenteur d’un bleu las à la corolle de quelques automnes las…
Parfum de Garonne et de hangars creux, promenade de vent et de pavillons creux.
L’eau suspendue,
Empreinte de mille croisillons,
De passerelles adroites
Et
De songes conservés.
Les maux restent en moi d’ancres à de belles perspectives, l’esprit tout à ces tourbillons
Vagues aux couverts de dérapages…
Jadis, une buse coulait sous ce pont.

74

PHLUME

Si vierge chute d’hanche à la guirlande flattée.
Les ruines lissées ô ma fille de marbre, j’épate fil de rose.
L’étoile me patauge de l’amour.
Si haut qu’un nœud marque la cicatrice,
La paix doutera des traces du passage.
Je lime les tranches et m’y saille du sang coupé.
Rien de n’être du touché des mille égratignures,
L’entrave est de m’y mêler de bon goût,
Dans l’impression d’une règle mise en risque.
Comme un idiot d’auteur, d’un commodé heurté
Par l’inconnu hasard : au-delà des phlumes.

75

NIAIS D’APPARAT

D’un temps qu’en tout en sa déroute
À l’étrange d’une flamme douce,
Bel amoureux, plume blanche,
Secousse de ding dong,
D’en rajout à l’étalage,
L’outre contre las de vains vols
À ces quelques rires tant bat le bémol de départ
:
Passe vulgaire de tombes passées…
…Un silence de haute ressemblance,
De froisse, d’empreinte et de jets d’allées et venues claires…
L’ange captif face aux saints puise en commun d’aucune poignée,
L’intact asile jaune calme de remise lieu.

Ciel fidèle dont tout sceau mon éclat
Pur que tinte l’appel ; étale l’entoure de cette aile à nos cœurs.

76

Loin des ciels bleus nécessaires que fouille mon regard
Et
Loin des nuits à l’étoile enthousiaste qui m’épie d’un silence d’effraction,
L’horizon encombré m’abruti de vacarme.

Et quelle citadelle à réfléchir le temps de remplir d’âges maints délais
Et
Maintes cloches fourbes bien munies ?

Le tourbillon hystérique à tout perdre casse la tempête entamée,
Retour à terre et choc de train de vie des mille perplexités.

Sans face à face au calme est-ce là le contre d’une crasse lâche et ma honte couverte
Ou
Dois-je esclaver à des démons de boue l’atroce de mes doigts nébulants à l’ombre imprévue ?

Si guère une civière à mon cierge
Que la mort m’y deuil d’un capable mal hideux.

77

REFROIDIR

De nouveau l’inverse ce matin… Des années plus tard.
Puis la colère pour remettre les mouvements déplacés, inscrits sur les boites
:
Le placard des amitiés.
Au four : 1 seconde, 380 degrés.
Je me repose le reste du temps.

78

La mer noire où je flotte ricoche de gouttes claires et sûres.
Levant les bras, je touche le ciel… Puis je rame,
D’un vent sans sens, je vois un trou bleu… Puis je rame,
Je rame sur le ciel, je rame sur la douleur,
Et l’habit trempé je rejoins,
L’âme entre la vague et la houle,
L’horizon.

79

RISQUE DE RAGE

Bouton de nuit qu’une lune témoigne
Alors un bel éclat résigne ta larme ivre
Et ta lèvre debout d’agonie.

Encore une aile à tendre et ton pas secret d’y ôter le chemin.

Les fruits caressant à mes yeux
L’immense bouquet du soir
Enseignent d’émoi maints sentiments songés.

80

L’ennui lourd tapisse immense le dos du rocher géant,
Sans un mot.

Le temps admirait autrefois sa montagne.

À l’aurore il s’égare et part, la lucarne fixée sur l’astre,
Cueillir l’ombre discrète d’un petit paysage.

81

L’écoeure m’houle,
Ne reculant d’aucuns limbes
Où ce corps dès lors en rage
S’anime à la piste des fièvres.

Lacune odieuse près de moi
Et trouble dans cet esprit
Par voie de traces et d’étoiles.

Rêves de rompre
Et vers les bois sereins
M’encalmer d’airs, de verbes et de mimes…
Au nom du temps.

82

Sous le couvert d’étoile hors de cage
Se dorent nocturne d’écrin d’or,
Des guirlandes d’ailes mauves ou,
Selon maints vents, de blancs murmures poudrés.

Par landes encore mes pas égratignés
Rageusement des provisions de maux
Qu’outre voilé d’errer l’œil pur
L’image d’exil à même gravée.

Mais la lune indulgente à l’usage joyeux
Et son rire dansant à l’assaut des clartés.

Ô ciel clos de toute impunité
Où ici-bas les cimes d’en narguer la coupe…
N’être dupe qu’une limite : son silence vacant ;
L’éblouissante rosace de ne rien céder.

83

Tu nous laisses seuls à l’abîme d’un baiser
Traversant la lueur
Et l’éclat de ton front.

Quelques voiles douces et à tout vent
Ce deuil où mon cœur en hommage
S’ombrage de son propre azur.

La clameur si haute à la merci des anges
Menace les plis d’un sommeil
Où ne manque aucun maudit…

J’ai mal qu’une foudre ô me hante du défi
Qu’une grâce soupire l’étoile composée,
Ma figure à ce voile de mort et de nuit.

84

LE CÈDRE

Usagé l’heurt émerge d’échos éparpillés.
L’aile, celle à la belle nocturne, ploie
Car la voûte encombrée office de toit
Mon abri d’un coquet artifice.

De vils pas à travers les ronces
Ma chair de sang épinée s’illustre
En toute plénitude d’étangs parsemés…
L’aurore persiste, ancrant le souhait liminaire.

Fantaisie splendide d’une nouvelle toilette :
Duvet de givre apprivoisant l’offre vierge
À l’ébat chanté d’oiseaux en pagaille.

Ses branches lestes, elles-mêmes éprises ;
Le cèdre étire sa sève, mordant sur l’azur.
L’écorce s’honore d’un baume tendre.

85

Aux mains, mes anges…

Vous voilà consolez et prêtes à la foudre, soulageant par vos solitudes l’ennui cher à ce
Charles Baudelaire. Vous sentiez de vos yeux des milliers de tableaux et chantiez plus de Vers qu’il n’en faut…
Râliez d’une portante nature, écorce, sable, vent, terre. Vous ivrogniez les feux et
Palpitiez les chairs…
Criardes, vous versiez à l’eau d’heureux bijoux nus, intriguant les épices de câlines Empreintes, de vous j’ai senti les bronzes jouir et les rocs les plus durs s’effacer pour des Roses.
Caressez un oiseau et déjà vous volez !
Enseignantes à l’énergie d’un bistouri, triomphantes des acides grimaçants, rendant aux Reptiles ses vertiges tout autant qu’aux multiples plastiques.
Vous vous égarez en de vieux papiers endormis et jetez aux éclats l’ennemi.
Parfois songeuses à l’égale des reines et soudain tremblantes à une peine de cœur.

Balivernes à côté des fièvres de demain, vous voilà mûres au sublime ouvrage.
Vous désiriez pétrir, je vous offre l’airain ; je vous veux muer en âme, que chaque doigt
Se déploie, cherchant l’orgie, la sueur et les cris. Il y aura des cornes et encore des Entailles…
Nous n’en sortirons qu’après la bonne mise et acclamés des Muses.

86

La santé de mon esprit
Baille
Dans une écume,
Ne parvenant à échouer ni à éloigner sa souffrance fanée.

L’instabilité de l’ombre à mon sang
D’horizon
Berce
Le parfum de mon âme.

L’angoisse de la désunion n’est pas un orgueil de brave
Mais
Jamais
Ne pardonnons-nous un cri ?

« Orgue » 1999-2000

Recueil