2003

Mars 2003

Un mois chez Krapo , épicerie-d’art, une fine référence bordelaise.

C’est une installation de tout mon travail dans son lieu et la magie s’happening entre les fils fluos, les poésies aux murs, les villes suspendues, Marsyas domine et les Rois se balancent.

Cette exposition surprend les organisateurs de Novart, (manifestation d’art plastique municipale), ils me donnent rendez-vous en novembre.

Mes travaux intriguent des architectes, on me propose de réfléchir à l’habillage mural d’un immeuble à Lormont. Ce n’est pas notre projet qui sera retenu !

Plus loin, en Irak, c’est de nouveau la guerre.

La troupe Générik Vapeur , du spectacle de rue, investit la petite ville de Saint- Astier , dans le Périgord, à l’occasion de la fête de La Vallée, je m’incruste en bénévole, nous passerons quinze jours fous. Je les retrouve début juillet à Libourne pour une performance nocturne, « Bivouac ».

C’est la canicule, je gagne trois sous sur un tournage avenue Foch puis sur la côte basque, C’est Calder au Guggenheim de Bilbao , des larmes et des haines à Vilnius.

À Bordeaux, j’avais rencontré Amon Tobin , DJ de musique électronique, et nous étions tombés d’accord pour que je lui fasse un petit truc avec mon travail… Sa venue à Paris en octobre me bouste un peu. Avec l’aide du réalisateur Pierre Bouchilloux, nous filmons, montons des images sur sa musique. Un clip naîtra. Amon nous reçoit après le concert, il est devenu célèbre et travaille sur d’autres projets. À suivre…

 

Novembre 2003,

Novart : « Connivence avec le Souffle ». J’investis une partie du Garage Moderne. Marsyas semble bien proportionné, surplombant l’ensemble de son espace lénifiant. Je glisserai sous les 11 mètres de plafond presque 1 kilomètre de fil fluo, lignes filantes, fuyantes, brisées. Tout semble suspendu, l’immense est lumineux. Les yeux en l’air, le spectateur prend le temps de respirer une transparence ultra violette. Mes poèmes palissadent. Les Rois, éléments flottants, gouvernent, orientent, scrutent. Le silence est théâtral, baigné de verre et de miroirs, exigeant pour le sol d’exprimer une vitalité.

Interviendra chaque soir un spectacle différent, une danse contemporaine, des élèves du conservatoire, des jongleurs performers, des musiciens.

Le Garage Moderne est un lieu fantastique, vivant, humain, efficace, engagé et indépendant. Ouvert aux tous vents des idées. C’est un peu crade mais pour un endroit de mécanique, c’est parfait. On se chauffe aux braseros, on partage la bouffe et les humeurs, les coups de mains font partie de l’endroit. L’espace est vaste et les gens formidables. Ce fut une rencontre imaginaire et une performance hors pair, c’est une des plus belles expositions qu’il m’ait été permis de réaliser, j’en remercie toute l’équipe et recommande la visite de l’endroit. C’est un lieu magique et ouvert, expérimental et sensible.